Introduction
La supervision occupe une place singulière dans le métier de psychologue.
À la fois espace de travail, de réflexion et parfois de mise à l’épreuve, elle constitue, comme le souligne Alain Delourme (1), une « dimension essentielle de la formation continue » des psychothérapeutes.
Pour autant, la définition de la supervision clinique ne fait pas consensus. Elle recouvre des pratiques diverses, parfois confondues avec l’analyse de pratique, la supervision de groupe ou encore le « contrôle » historiquement présent en psychanalyse.
Il n’existe pas une seule manière de concevoir la supervision, mais une pluralité d’approches et de dispositifs.
La supervision peut se centrer sur différents axes :
les situations cliniques et leur compréhension
le thérapeute lui-même : posture, interventions, contre-transfert, vécu subjectif
les dimensions théoriques et conceptuelles, permettant d’affiner les hypothèses psychopathologiques et les stratégies psychothérapeutiques,
le cadre du travail thérapeutique : règles, place de chacun, modalités de paiement
Le dispositif lui-même peut varier :
supervision individuelle
supervision de groupe
supervision institutionnelle
Et elle peut porter sur :
un patient
un couple
une famille
une variété de champ et de pratique peut donc être proposée.
👉 Voir aussi : [Déroulement d’une supervision psychologique]
👉 Voir : [Travailler sa posture clinique de psychologue en supervision]
Plutôt que de chercher une définition unique, il est possible de penser la supervision à partir de ses objectifs. Edmond Gilliéron souligne qu’elle vise notamment :
à améliorer les compétences pratiques
à affiner l’utilisation des modèles théoriques
à travailler le contre-transfert
à développer une capacité d’élaboration
Ainsi, la supervision vise à articuler :
la pratique
la théorie
l’expérience subjective du thérapeute
Au-delà de ses formes, la supervision peut être envisagée comme un processus d’évolution du thérapeute.
Selon Alain Delourme (1), « la supervision peut aider à passer du statut d’apprenti […] à celui d’artisan, qui connaît suffisamment ses outils […] pour inventer sa propre pratique. »
Elle permet également d’explorer les zones de tension de la pratique :
« des situations dans lesquelles leur pratique s’était située aux confins de l’orthodoxie de leur méthode. »
La supervision devient alors un espace où peuvent être travaillées les limites, les ajustements et les évolutions de la posture clinique. Ces moments "pivots" dans l'évolution professionnelle du psychologue peuvent s'amorcer notamment :
après une formation à une nouvelle approche psychothérapeutique comme l'Hypnose, l'EMDR ou la Thérapie des schémas par exemple
au moment d'une installation en libéral
lors d'un changement de poste
ou encore lorsque qu'une période de doute et de difficulté est traversée.
La supervision devient alors un espace où :
le thérapeute dédie un temps pour approfondir sa pensée sur sa pratique
et peut transformer ce qui le met en difficulté en une occasion de développement professionnel.
A cet égard le concept d'alliance de supervision est reconnu depuis plus de 50 ans.
A lire : L'alliance de supervision ; la relation superviseur-supervisé
👉 En pratique : [Supervision psychologue visio]
👉 Approfondir : [Supervision intégrative]
👉 [Travailler sa posture clinique en supervision]
👉 [Prévenir le burn-out du psychologue]
(1) Alain Delourme, Edmond Marc, Jean-Michel Fourcade, Charles Gellman, Maria Gilbert et al. (2011) La supervision en psychanalyse et en psychothérapie - Paris.
Pour les demandes de supervision individuelle en visio, je vous invite à consulter la page dédiée :
👉 Supervision psychologue en visio – www.psycho33.fr